Jenkins et les 7 regles de la narration transmedia – Partie 3

Henry Jenkins a déjà eu plusieurs articles à son nom sur mon blog. Je remets le couvert aujourd’hui avec une partie 3 où est dévoilé un concept supplémentaire de cette figure du transmedia : le worldbuilding.

Who is Mr Jenkins?

Contextualisons un peu pour les noobz qui viendraient à lire ma prose. Ce cher monsieur bosse à UCLA où sa petite équipe mène des travaux sur l’évolution des medias, il a théorisé ce que l’on appelle aujourd’hui le transmedia storytelling.

La démarche d’Henry Jenkins a permis de nombreuses émergences de solutions et technologies innovantes dans les produits créatifs diffusés par les mass médias du monde entier. Jenkins et son école profitent de la proximité immédiate avec l’industrie d’Hollywood qui fait echo aux usages des nouveaux médias recommandés par le gourou depuis quelques années.

 

Jenkins et le « Worldbuilding » ou la création d’un univers

Venons en au concept de Worldbuilding… Ce que Jenkins appelle l’extension transmedia n’est jamais centrale mais prolonge un univers en construction ou déjà définit le story world. Star Wars est un exemple old school mais qui a su construire des extentions riches… en contradictions dans les énoncés narratifs. En tous les cas, cette notion d’univers extensible permet une plus grande richesse narrative pour les auteurs et donne aussi des opportunités aux équipes promotionnelles. Par exemple un utilisateur pourra suivre une prequel d’un jeu vidéo sous forme de bande dessiné, Bioware et Mass Effect ont oeuvré pour ce genre de format narratif avec la sortie de l’épisode 3 en mars dernier. L’émergence de nouveaux écrans est l’occasion pour les éditeurs de jeux vidéo d’expérimenter de nouvelles formes de storytelling, néo forme de companion gaming. Ce concept de toujours du jeu vidéo renait de ses cendres avec les smartphones nouvelle génération et des tablettes tactiles qui offrent des possibilités d’interaction semblant infinies.

La deuxième utilité du Worldbuilding est de permettre d’exploiter des supports dans le cadre de l’univers crée mais en dépassant les limites du monde médiatique classique souvent digital. On peut ainsi intégrer les rejetons maudits du jeu de rôle dans le l’univers transmedia. Ceux que l’on appellent les ARGs (alternate reality games) ou jeux en réalité alternée. On retrouve cette notion sous la forme du concept de fiction totale attribuée à Eric Viennot.

Tous ces derniers servent souvent de points d’encrages au développement narratif d’un univers. L’ARG intervient à un moment clef et de ce fait est souvent évenementiel. Il intervient par exemple en amont de la sortie d’un coeur d’univers. J’aime particulièrement le travail de Valve avant la sortie de son jeu Portal 2. Des indices découverts petit à petit par la communauté de joueurs laissait présager… une sortie du jeu avant la date fixée. Quelle aubaine pour tous les geeks férus de chasse au trésors qui se sont retrouvés pour partie de worldwide chasse aux patates!

Le Worldbuilding est selon moi un bonheur pour tous les scénaristes ambitieux et possédant une grande culture technologique. Forcément, on retrouvera pas mal de gros geeks du jeu vidéo dans le transmedia d’ici quelques années. En effet les mécanismes de game design orchestrent avec beaucoup de brio des univers riches suivant une logique narrative transmedia.

Je profite de cet article pour vous inviter à suivre la conférence de Jenkins le 25 mai prochain qui aura lieu au Centre Georges Pompidou. Si vous êtes vraiment transmedia ready ;) vous pourrez aussi participer au live meetup transmedia organisé avec Sciences Po Grenoble le 23 mai prochain à 18h30 sur la page web du live : live.transitumedia.com (le lien du live est corrompu mais en utilisant la fonction copier/coller on y accède normalement)!

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